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Elle s'est moi

9 min de lecture

Parcours « Les dix éclats »· étape 2/5
Elle s'est moi

Elle incarne ce petit grain de folie et cette étincelle de joie de vivre, dansant au bord du précipice, comme si elle essayait de prouver qu’elle pouvait jongler avec la vie sans perdre son équilibre. Avec une grâce inébranlable, elle évolue sur le fil de la vie, chaque pas étant une invitation à découvrir une magie qui lui est propre. Son sourire et son rire sont des éclats de lumière qui percent les nuages du quotidien, illuminant tout ce qu’ils touchent. Lorsqu’elle entre dans une pièce, l’atmosphère se transforme, empreinte de cette énergie contagieuse.

Elle possède ce don, presque surnaturel. Elle rend chaque personne spéciale et unique. Sa nature joviale et positive ? Une mélodie apaisante qui guérit les cœurs. Sa présence envoûte les esprits, suscitant une admiration mêlée de tendresse. On se surprend à tomber sous le charme de ce qu’elle dégage, convaincu qu'elle ressent la même chose pour nous. En réalité, elle aime les gens autour d’elle de la manière la plus pure et la plus bienveillante qui soit, sans jamais que l’amour romantique ne trouve sa place dans son cœur.

Du moins, c’est ce qu’elle pense… Pourtant, il lui arrive, rarement, très rarement, de rencontrer des personnes qui éveillent en elle des désirs charnels intenses, amplifiés par une connexion intellectuelle qui stimule ses sens au-delà de ce qu’elle aurait pu imaginer. Ces sensations, aussi enivrantes qu’inattendues, la confrontent à ses propres limites. Elles réaniment cette passion viscérale, cette énergie brute qui palpite en elle, soigneusement contenue, non par peur des émotions, mais pour éviter de se laisser happer par la force incontrôlable du plaisir, cette quête de sensations qui pourrait la pousser à un endroit où elle perdrait tout contrôle.

Pour elle, ces pulsions ne sont pas simplement émotionnelles ; elles sont ancrées dans son corps, sa chair, sa peau, presque primales, éveillant toute l’intensité et la passion qui l’animent. Et bien que la tentation de céder l’effleure, elle refuse de s’y abandonner. Céder ? Ce serait risquer de voir s’effriter l’équilibre qu’elle a construit. L’addiction aux sensations pourrait éclipser cette maîtrise, si précieuse. C’est cette maîtrise qui constitue sa véritable essence. Elle préfère préserver sa liberté, non pas parce qu’elle rejette le plaisir, mais parce qu’elle a appris que le contrôle dans ce domaine est sa véritable force. Après tout, qui a besoin d'un partenaire de danse quand on peut virevolter seule sur la piste de la vie ?

Et pourtant, dans le secret de ses pensées, il y a des moments où elle rêve d’abandon. Elle imagine, l’espace d’un instant, ce que cela ferait de perdre pied, de se laisser dévorer par une vague de sensations…

Elle s’imagine la liberté d’un lâcher-prise total, à la fois envoûtant et dangereux, un fantasme qu’elle garde précieusement enfoui, hors de portée, le laissant rêver en silence sans jamais altérer la réalité de son monde.

L’admiration qu’on lui porte est profonde et sincère. On aspire à se rapprocher d’elle, intellectuellement, spirituellement, physiquement, ne serait-ce que pour partager un fragment de cette vie qu’elle mène avec une liberté rare.

Elle ne blesse pas et ne cherche jamais à blesser. Elle connaît trop bien la douleur, l’a vue ravagée des âmes, elle-même ayant lutté pour préserver la sienne. Sa présence est une source de vie vibrante et intense, qui suscite ce désir profond de se lier à elle, de ne jamais la lâcher.

Elle ne cherche ni à plaire ni à séduire. Elle sait que la beauté est éphémère et que le corps n'est qu’une enveloppe temporaire. Elle comprend que l’être humain est capable du meilleur comme du pire, et que c’est ce combat intérieur, ce choix entre lumière et obscurité, qui forge la véritable beauté.

Elle se réjouit de la beauté des êtres et de leurs éclats les plus brillants. Mais ce qu’elle chérit par-dessus tout, c’est d’explorer les ombres cachées, les facettes de douleur et de joie qui façonnent chaque histoire humaine.

Cette profondeur, cette indépendance. Cette joie de vivre. Irrésistible. Elle est un mélange fascinant : indépendance et tendresse, lumière et ténèbres. Sa fragilité et sa vulnérabilité éveillent en nous le désir de la protéger et de la soutenir, pourtant elle n’a besoin de personne pour se défendre. Résiliente et indomptable, elle sait se préserver et se protéger. Du moins, c’est ce que son histoire lui fait croire…

Parce que oui, elle vit avec une intensité telle qu’elle pourrait, une fois de plus, se perdre. Mais elle préfère se perdre et avoir la chance de se retrouver que de devoir son salut à quelqu’un d’autre qu’à elle-même. Vivre autrement l’éteindrait. Elle ne connaît qu’une seule voie : celle de la passion ! Elle vit et respire comme une force de la nature, inspirant un désir ardent de la connaître et de rester près d’elle. La connaître, c’est aimer la vie un peu plus, c’est apprendre à marcher sur le fil fragile de l’existence sans tomber. C’est là, peut-être, que réside tout son pouvoir : elle est simplement elle-même, n’appartenant qu’à elle seule.

Au plus profond de son être, elle admire les couples qui restent ensemble toute une vie. Mais dans son essence, elle sait qu’elle n’est pas faite pour un seul homme, une seule histoire. Elle est faite de plusieurs histoires, de plusieurs âmes, de plusieurs vies, de plusieurs passions. Pour se révéler pleinement, elle a besoin de son indépendance. Même si, parfois, elle ressent l’envie de s’engager pour rompre une solitude qu’elle a pourtant souhaitée, elle sait que s’engager, c’est renoncer. Et renoncer, jamais elle ne le fera. Car par-dessus tout, elle a soif de l’intensité que représente cette liberté qu'elle chérit tant.

C’est cette force, cette liberté qui la rendent si unique. Elle n’est pas invincible. Comme tout être humain, elle doute, elle tombe, elle se relève. Mais c’est dans ces failles qu’elle puise sa force. Chaque plaie, chaque cicatrice est un rappel qu’elle a survécu, qu’elle a choisi de vivre pour elle-même, de danser encore et encore, sans jamais céder au vertige. Et même si elle ne cesse de chercher, au fond d’elle, elle sait que tout ce qu’elle est et tout ce qu’elle a traversé l’ont menée là où elle devait être : à la croisée des chemins entre l’acceptation et la liberté de ce qu’elle est, de qui elle est.

Elle sait que le jour où elle décidera de laisser entrer quelqu’un dans « sa » danse, ce sera parce qu’elle l’aura voulu, et non parce qu’elle en avait besoin. Cependant, cette pensée lui traverse parfois l’esprit, fugace et lumineuse, laissant place à des réflexions plus profondes sur ce qu'elle désire vraiment. Car elle, c’est cela : le reflet d’une femme qui, bien que parfois perdue, ne s’appartient qu’à elle-même.

Elle sait aussi que l’impact qu’elle a sur les gens est bien plus fort que ce qu’elle imagine. Elle doute parfois d’être autre chose qu’une microgoutte dans un océan immense. Elle se pense parfois, insignifiante, oubliable, oubliée…

Si elle savait, si pourtant elle pouvait se rendre compte, que quelqu’un se souvient encore de la blague qu’elle a faite ou de ses mots ou encore de ses pas de danse maladroits qu’elle a pu faire.

Quelqu’un a encore le cœur en chamade en repensant à ses sourires, tandis que d’autres rougissent en se répétant un compliment anodin qu’elle leur a fait. Ses rires, ses conseils, sa façon de regarder les gens dans les yeux, sa façon de voir le monde et de comment elle le perçoit…

Tout cela fait la différence dans le quotidien. Elle a l'air inébranlable, résiliente face aux tempêtes qu’elle a traversées, mais parfois, dans le silence de la nuit, les doutes viennent la frapper. Ils s'infiltrent doucement, comme une ombre dansante au bord de sa conscience, chuchotant des vérités qu'elle préfère ignorer. Ses moments de vulnérabilité, elle les garde en elle, loin des regards admiratifs qui la voient comme un phare, une lumière dans l'obscurité. Mais derrière ce sourire qui illumine, il y a des failles, des brèches qu'elle ne montre qu’à très peu de personnes.

Elle se demande parfois si cette liberté qu'elle chérit tant est une bénédiction ou une cage dorée. Les rares moments où elle laisse entrevoir sa fragilité se manifestent à travers des gestes infimes : un regard qui se voile, une main qui tremble légèrement avant de retrouver sa stabilité habituelle. Elle sait qu’elle ne peut être invincible, elle aimerait se laisser aller, se reposer sur quelqu’un d’autre.

Mais elle rejette cette idée aussitôt qu’elle surgit. S’attacher, c’est risquer de tomber, et elle préfère danser seule… Et d’en assumer tout ce que cela incombe…

On dit que les yeux sont les fenêtres de l’âme.

Elle, avec ses yeux d’un vert si intense, capte les regards et crée des liens profonds, même sans mots. Son regard éveille une admiration silencieuse, et parfois, ceux qui croisent son regard détournent le leur, troublés, intimidés. Quand son regard plonge dans le vôtre, il vous désarme. Parfois, par souci de préserver les autres, elle détourne le sien. Quand on plonge dans ses yeux, on peut sentir la trace des « je t’aime » qu'elle a éveillés, comme des murmures intimes gravés dans son regard, se mêlant à l’éclat qui illumine chaque échange.

Chaque regard échangé, chaque interaction, témoigne de l’impact qu’elle a sur ceux qui l’entourent.

Si elle savait… Non, elle n’est pas insignifiante. Ni oubliable, ni oubliée (oh mon dieu que non… Elle est tellement « intense »).

Son existence fait la différence, que cela lui plaise ou non, qu’elle le comprenne ou non.

Le monde sera tellement moins joli sans elle. Et ce, même si elle en doute.

Et "elle", c'est moi. Une partie de moi en est consciente, tandis qu’une autre hésite encore à l'accepter pleinement. Dans mes moments de solitude, d'introspection, cette vérité m’apparaît avec une clarté presque profonde, celle qui est intacte… Enracinées. Qui persiste envers et contre tous.

Peu importe la fatigue, les frustrations, les insécurités.

C’est cette part tournée vers les autres qui m’anime et me fait vivre… Empreinte d’une forme de certaine pudeur et en même temps tellement humaine, qui ‘aider à garder la distance...

De ne pas sombrer... d’avancer et d’aller de l’avant je me tiens entre deux versions de moi-même :

  • celle que j’aspire à être et celle que je redoute de ne jamais atteindre. Mais peut-être qu’au fond, « elle » et moi ne sommes qu’une seule et même personne.
  • « Elle », c’est déjà moi. Une part intime, infime, que je découvre chaque jour un peu plus…

Je me tiens entre deux versions de moi-même : celle que j’aspire à être et celle que je redoute de ne jamais atteindre.

Mais peut-être qu’au fond, « elle » et moi ne sommes qu’une seule et même personne. « Elle », c’est déjà moi. Une part intime, infime, que je découvre chaque jour un peu plus…

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